Octobre. Les jours raccourcissent. L’obscurité s’abat de plus en plus tôt et les écrans de nos héros projettent des lumières blafardes et inquiétantes dans leurs bureaux. Ils sont trop absorbés par leurs recherches pour penser à allumer une lumière. Soudain, un cri dans la nuit !

« RAAAaahh, tu vas arrêter avec tes foutus popup qui me promettent de gagner une fortune chaque minute ? »

Toute l’horreur de la situation résumée en un cri de frustration. Car le streaming illégal, c’est un peu comme un film d’horreur. Et faire des recherches sur le sujet se finit bien souvent par ça :

Vous sentez la frustration ?

Vous sentez la frustration ?

Minuit, premier abandon. Jean-Marc se prépare à un sommeil agité et sent que la camomille qui réchauffe son mug ne va pas beaucoup l’apaiser. Déjà 3 jours qu’il fait des recherches sur le streaming. Les cernes se sont creusées, le teint s’est éclairci. Demain c’est juré, il ira dehors, pour redécouvrir le soleil. De son côté, Yves reprend le flambeau et continue l’exploration, fort des enseignements tirés de l’enquête préliminaire.

dpstream

Armé d’un bloqueur de publicité et de plusieurs pages manuscrites dont l’écriture se dégrade progressivement, il plonge à son tour dans le sombre monde du streaming. Premier site à visiter : dpStream. D’après les notes qu’il déchiffre, c’est un très gros site, très actif, avec de nombreux pensionnaires.

Rien qui fasse peur par ici

Rien qui fasse peur par ici

Un site aux couleurs sombres, du texte en tout petit et plein de liens partout, pas de doute, il est arrivé au bon endroit (*). Première précaution à prendre, vérifier la présence de cookies et de trackers sur le site. Armé de son détecteur d’activités paranormales, Yves en détecte un nombre impressionnant. Heureusement, son bloqueur intégré à sa combinaison en élimine une bonne partie, et il marque les autres pour les éliminer plus tard.

Il entre ensuite dans une pièce au hasard et se retrouve face à un écran qui propose un épisode d’une série inédite. Tenté. Mais méfiant. Après une minute d’hésitation, le bouton du projecteur s’enfonce et l’horreur commence. Un popup fait irruption dans la pièce par une porte dérobée. Yves se précipite, tente de lui claquer la porte au nez. En vain. Le popup est armé de son propre popup, qui empêche la fermeture de la porte. Une bataille s’en suit. Âpre et vigoureuse. Au bout de quelques minutes, les popups sont repoussés, et la diffusion peut commencer.

Au bout de quelques dizaines de minutes, la projection s’arrête et la pièce retombe dans le silence et la nuit. Le projecteur est en panne. Yves s’approche pour regarder ça de plus près. Il y a un compteur dessus. Une heure. Le projecteur se réparera tout seul dans une heure. Mais s’il n’a pas envie d’attendre, il peut toujours joindre le constructeur. Puisqu’il faut aller au bout de l’enquête, il n’y a guère de choix. Yves compose le numéro.

Purevid et consors

Après un bref entretien avec l’opérateur, la chose est entendue. Le projecteur peut être remis en marche immédiatement, mais il en coûtera quelques deniers. Prévisible.

Un casino ? Ici ?

Un casino ? Ici ?

Le voilà, le piège. C’est gratuit jusqu’à la caisse. Les options proposées sont simples, attendre ou payer. Sans hésiter une seconde, Yves appelle une de ses connaissances pour savoir s’il existe un moyen de contourner ce problème. C’est vite confirmé, ce moyen existe, mais ce qu’il ne payera pas en argent, il devra le payer en données personnelles. Rien de neuf sous la lune.

Ayant eu sa dose de sueurs froides, Yves quitte précipitamment les lieux pour se réfugier dans sa demeure. Demain, après les cauchemars, il expliquera ses découvertes à Jean-Marc. Et ensemble, ils poursuivront l’enquête.

 

(*) Cette étude a été faite en octobre 2015 et le site dpstream a depuis changé complètement de look.