C’est le cœur lourd que Jean-Marc avait rejoint son bureau pour étudier toutes les notes relatives à la prochaine aventure. Dure matinée. Il avait rendu visite à son compère, interné dans un hôpital psychiatrique depuis son enquête sur le monde obscur du streaming. C’est comme si Cthulhu lui-même était intervenu pour le tourmenter. Jean-Marc était inquiet par le regard vide et vitreux qu’il avait observé chez son partenaire. Les médecins étaient laconiques : il n’y avait pas d’espoir.

Pourtant, avant de repartir, il avait entendu Yves taper sur l’accoudoir de sa chaise avec l’index en rythme : tatatata—tatata—tatatata—tatatatata … Un rythme étrangement familier, mais que Jean-Marc n’arrivait pas à situer. Il y réfléchissait encore lorsqu’il arriva a son bureau, mais la pensée s’estompa tandis qu’il plongeait dans la pile de documents amassés depuis le début de leur quête.

Il restait encore à explorer le téléchargement direct, une entreprise qui semblait aussi périlleuse que les précédentes. Certes, il avait des pistes sur les endroits à visiter pour récolter des indices. Mais comment faire ? Comment se préparer ?

La lumière jaillit. Yves allait guérir. Et il lui avait donné l’indication manquante. Jean-Marc savait à présent comment s’équiper pour sa quête !

L'équipement du parfait aventurier

L’équipement du parfait aventurier

Revigoré par ces bonnes nouvelles, Jean-Marc se coiffa de son chapeau, attacha son fouet et son révolver à la ceinture, et partit dans le premier site de sa liste, la musique d’Indiana Jones en tête.

Zone-Telechargement

Après quelques instants de voyage, il pénétra, confiant, dans le bar « zone-telechargement ». Ce n’était pas le bouge auquel il s’attendait. L’endroit était plutôt propre en fait. Certes, il pouvait deviner ça et là quelques cookies sur le sol, quelques trackers sous les tables, mais rien d’intimidant. Le décor n’était pas moderne, mais pas rétro non plus. Classique et passe-partout. A peine se fût-il assis qu’on lui amena une carte, étonnamment bien fournie.

Il y avait les promos de la semaine, bien mises en avant avec de belles images. En cherchant bien, il y trouva aussi des spécialités plus anciennes. Tout ceci était assez engageant. Il jeta rapidement un œil sur les autres clients attablés, qui avaient l’air absorbés dans la consommation de leurs commandes. Il se décida donc et commanda, confiant, une des promos de la semaine.

Première déconvenue. La serveuse lui indiqua que pour compléter sa commande, il devait aller passer un test dans une arrière salle. Bizarre. Jean-Marc approcha inconsciemment sa main de son arme. Il ne fallait pas oublier le but, découvrir le secret. Il se décida a obtempérer et suivit la serveuse qui lui indiqua la direction. Il arriva dans une salle blanche et vide. Une voix lui demanda de réciter un code affiché à l’écran, afin de s’assurer qu’il n’était pas un cyborg ou autre robot. Il récita le code, et une lumière verte lui indiqua qu’il avait répondu correctement. Ouf.

Seconde déconvenue. Une porte dérobée s’ouvrit, et plutôt que de le rediriger vers le bar, il entra dans une nouvelle pièce. Et là, devant lui, deux portes. Sur l’une d’elles était écrit « Abonnés » et ne pouvait être franchie qu’en passant un badge dans un lecteur. Sur l’autre, le panneau « Visiteurs » était accroché, défraîchi par le temps. Jean-Marc alla jeter un coup d’œil à la porte de gauche et découvrir que pour devenir un « Abonné », il fallait obligatoirement payer un droit d’entrée. Évidemment.

Il franchit donc la seconde porte. La lumière se fit, et il vit enfin sa commande sur un piédestal. Ce pouvait être un piège. Un virus mortel allait-il l’infecter ? Prenant son courage à deux mains, Jean-Marc s’approcha prudemment.

Le trésor est là, à portée de main

Le trésor est là, à portée de main

 Il attrapa sa commande. Rien. Pas de piège. Rassuré, il mit l’exemplaire dans son sac et se prépara à repartir. Mais c’était sans compter sur l’effet temporel imposé aux visiteurs. Aussitôt qu’il voulut partir, le temps se ralentit. Jean-Marc était coincé en Slow-Motion ! Au bout de 30 minutes, il abandonna. Inutile d’y laisser sa jeunesse. Il jeta son trophée, et aussitôt, le temps repris son cours normal. Il ne s’attarda pas. Après tout, il avait les informations voulues, mission accomplie. Il était temps de rentrer et de faire son rapport, puis de sortir Yves de sa léthargie. Car de nouvelles aventures les attendaient.

Après avoir écumé les lieux illégaux pour les comprendre, il était temps pour eux de visiter les distributeurs légaux de séries, afin de comprendre ce qui leur manquait.