Westworld, l’évènement de la rentrée

S’il est bien une série qui aura marqué la rentrée de 2016, c’est bien Westworld. Diffusée sur HBO, elle a été l’objet de 1000 attentions et d’autant de compliments. Pourtant, en regardant davantage d’épisodes et en prenant du recul, tout n’est pas si rose. Cette série a de nombreux atouts, voire même tous les atouts pour réussir. Le fait-elle pour autant ? Décryptage …

Le bon

 Il y a du bon et du très bon dans Westworld. Commençons donc par le monde même de la série. Westorld se passe dans un parc d’attractions gigantesque qui reconstitue le Far West de la grande époque de la conquête de l’Ouest. Et pour le coup, ce « parc » est très bien représenté. Au départ, nous n’apercevons qu’une petite ville et ses alentours directs. C’est au moment où les visiteurs du parc quittent cet environnement que nous découvrons avec eux l’étendue impressionnante de ce dernier. Il apparaît sans limites, à la fois aux visiteurs et à nous.

A l’opposé de ce parc, nous trouvons les ateliers de création et d’entretien des androïdes, qui représente le côté futuriste de la série. Ce complexe, largement souterrain (mais nous y reviendrons) est très différent de la surface. Les couleurs varient essentiellement du noir au blanc. Il en ressort une impression d’aseptisation de l’espace, et aussi d’une dépersonnalisation des protagonistes. Comme si la vie n’avait pas sa place dans cet environnement technologique.

Le très bon

Au niveau des acteurs, nous retrouvons des pointures du cinéma et des têtes connues d’autres séries. Anthony Hopkins est magistral dans son rôle de Gepetto. Il est en effet le créateur audacieux de ces fameux androïdes. Contrairement à Gepetto cependant, il ne semble pas avoir d’affect particulier pour ses créations. Il conserve parfaitement le mystère sur ses motivations.

Anthony Hopkins est magistral

Anthony Hopkins est magistral

Nous retrouvons aussi Ed Harris, second rôle bien connu de nombreux films hollywoodiens. Il y incarne un visiteur du parc bien particulier. A l’heure où j’écris ces lignes, nous ne savons pas dans quelle direction sa quête va nous mener, mais il joue parfaitement bien son rôle.

Ed Harris et Evan Rachel Wood

Ed Harris et Evan Rachel Wood

Evan Rachel Wood campe pour sa part une Androïde particulière, puisqu’elle évolue au fil des épisodes (les autres androïdes sont réinitialisés toutes les nuits). Ses conversations avec le docteur Bernard Lowe (joué par Jeffrey Wright) au milieu de la nuit n’y sont certainement pas étrangères. Le reste de la distribution se révèle lui aussi à la hauteur de la série.

Enfin, parlons un peu du scénario. S’il est encore trop tôt pour envisager le dénouement de cette première saison, il est déjà possible d’en faire une critique. Tout d’abord, les intrigues sont nombreuses. Chaque personnage principal semble suivre son propre chemin. Et autant dire que ces chemins semblent bien mystérieux jusqu’à présent. Certaines intrigues s’entrecroisent, mais à un niveau anecdotique, de par les interactions obligatoires entre les protagonistes. Nous saurons par la suite à quel niveau ces histoires sont ou pas inter-dépendantes. Les intrigues sont généralement bien présentées et nous amènent à nous poser des questions.

L’indifférent

Il existe un très large éventail de séries, qui ont des objectifs et des styles différents. Westworld se situe très nettement dans le style des thrillers. C’est à dire que chaque épisode est censé inviter le spectateur à vouloir regarder l’épisode suivant. Ces séries, généralement accompagnées des fameux « cliffhangers » à la fin des épisodes, nous mettent l’eau à la bouche par un scénario plein de rebondissements. L’œuvre ne peut être appréciée que dans son ensemble et non épisode par épisode.

C’est en ça que Westworld échoue. La réussite d’un thriller repose à la fois sur son scénario, et sur l’attachement du spectateur aux différents personnages. Si le contrat côté scénario semble rempli, ce n’est pas le cas en ce qui concerne l’attachement aux personnages. Est-ce le choix délibéré de déshumaniser les androïdes ? Les choix des mise en scène ? Les acteurs ? Certainement un peu des trois.

Toujours est-il que les émotions ont vraiment du mal à passer dans Westworld. Même dans une série comme « House of Cards » où le personnage de Frank Underwood est immonde, nous arrivons à nous y attacher. Ici, aucun protagoniste ne parvient à susciter cet attachement, quand bien même des évènements, tragiques ou non, nous sont révélés sur leurs existences.

Dites-nous ce que vous en pensez, nous aimerions vraiment connaître votre opinion sur cette série.